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Lundi 16 avril 2007

Retour à la peinture et à mes coups de coeur, comme il se doit... Je connais le blog d'Estelle " Amartiste " depuis un petit moment mais je le trouve de mieux en mieux ... Elle a une facon tres personnelle de vous faire découvrir ces oeuvres et celles des autres ... J'adore !! Je voulais donc lui faire un petit coucou, la mettre dans mes liens mais surtout vous faire découvrir son blog... Bonne visite à vous tous.

Entrez chez Estelle : Amartiste

Samedi 11 novembre 2006

 

Seconde Visite à l'expo du Fort de Seclin.....

3 tableaux d'Anne-Marie parmis d'autres

 

 

 

Et Autres présentations de l'expo

 

 

Une exposition sympa dans un lieu superbe... je recommande !!!

Mardi 17 octobre 2006

 

La leçon de poésie
du professeur Turner

Il s'appelait M. Turner. Nous l'adorions. Son corps tout entier n'était qu'une vivante et permanente douleur. Il avait les membres atrophiés, un visage aux lèvres tordues, aux yeux trop fixes. Il marchait en boitillant à travers le campus, à peine capable de porter ses livres et ses cahiers lui-même, et il se trouvait toujours un étudiant pour venir en aide à cette silhouette pathétique qui se dandinait tant bien que mal vers la salle de cours, pantin cassé par les infortunes de l'existence.

Mais lorsqu'un peu plus tard le professeur Turner entamait à haute voix, avec lenteur et amour, la lecture du poème de Walt Whitman, l'acte même de lire ce poème faisait oublier toutes les infirmités, les handicaps et les tics du malheureux. La vision du professeur Turner, illuminé par la force et l'évidence de ce poème, nous laissait stupéfiés, nous rendait presque honteux. Stupéfiés par la beauté de ce texte, et honteux, parce qu'un bref instant, certes, mais un instant tout de même, au début de l'année, lorsque nous avions rencontré Turner pour la première fois, nous avions, avec la cruauté de notre jeune âge, esquissé la caricature des gestes et grimaces de l'infirme.

Or, maintenant, le professeur Turner nous récitait, avec la conviction et la ferveur de celui qui sait reconnaître et accepter la souffrance, qui sait aussi en sortir et la dépasser, un texte qui était comme un hymne d'amour à ce miracle qu'est la vie. La leçon qu'il nous donna me revient violemment et entièrement en mémoire à ce moment précis où, quarante ans plus tard - c'est-à-dire une seconde plus tard -, mon pied nu a délicieusement mordu un coquillage sur une plage de Normandie et que je rends grâce (à qui?) d'être guéri, sauvé, d'avoir été instruit et d'avoir côtoyé ce qui n'appartient à personne - d'avoir eu la chance d'emprunter un chemin dont on n'est pas censé revenir. Et d'en être revenu. Voici le poème. Je tiens à vous le proposer tout entier:

Eh quoi -fait-on si grande affaire d'un miracle ? 

Quant à moi, je ne connais rien d'autre que des miracles, 

Quand je me promène dans les rues de Manhattan, 

Ou que je darde mon regard par-dessus les toits dans le ciel, 

Ou que je patauge pieds nus le long de la plage dans la marge même de l'eau, 

Ou que je me tiens sous les arbres dans les bois.

À les réciter, à les redécouvrir dans ma mémoire, on dirait que ces lignes écrites il y a un siècle l'ont été pour l'instant que je vis, les instants que j'ai vécus. Le regard vers le ciel par-dessus les toits, c'est la chambre 29. Les pieds nus dans la marge de l'eau, c'est ce que je connais en ce moment même, en Normandie. La situation sous les arbres, c'est ma convalescence. Le professeur Turner les détaillait avec une jouissance dans l'articulé de ces mots si simples, et chaque syllabe résonnait en nous qui l'écoutions, subjugués :

 

Ou que je parle le jour avec n'importe qui que j'aime,  

Ou que, je dorme la nuit avec n'importe qui que j'aime, 

Ou que je suis à table en train de dîner avec les autres, 

Ou que je regarde les étrangers assis en face de moi dans l'omnibus,

Ou que j'observe les abeilles qui s'affairent autour de la ruche un matin d'été, 

 

 

Ou les bêtes qui paissent dans les champs, 

Ou les oiseaux ou la merveille des insectes dans l'air, 

Ou la merveille du couchant ou celle des étoiles qui brillent si tranquilles, si lumineuses,

Ou l'exquise, la mince et délicate courbure de la lune au printemps, 

Tout cela et le reste, toutes ces choses et chacune sont pour , moi des miracles, 

Chacune se rapportant au tout, quoique distincte et à sa place. 

Il s'arrêtait souvent sur ces deux dernières lignes. Il nous les répétait, les inscrivait à la craie au tableau noir, du mieux qu'il pouvait, de ses doigts atrophiés au bout de ce moignon, qui était  sa seule main valide, et il insistait pour que nous en saisissions l'entière signification :

Tout cela et le reste, toutes ces choses et chacune sont pour

moi des miracles,

Chacune se rapportant au tout, quoique distincte et à sa

place.

Il émit vêtu d'une veste de couleur verte, un vert cru, et il portait souvent des habits d'une teinte criarde, qui jurait avec ses cheveux roux et faisait de sa silhouette déjà difficilement acceptable une image grotesque, mais en même temps émouvante. Car je suppose, aujourd'hui, que le choix de ces couleurs tapageuses était un pied de nez à la mort, une autre manière à lui de souligner le jouissif et l'extraordinaire de la vie. Il se retournait pour nous livrer la conclusion du poème ;

 

Pour moi, chaque heure de lumière et d'obscurité est un

miracle,

Chaque pouce cubique de l'espace est un miracle, Chaque yard carré de la surface de la terre est jonché de miracles,

Chaque pied de l'intérieur pullule de miracles.

 

 

 

Turner marquait une courte pause avant la chute, debout, devant nous, son regard exalté. Je crois bien me souvenir qu'il y avait des larmes qui perlaient dans ses yeux :

Pour moi la mer est un continuel miracle,

Les poissons qui nagent - les rochers - les mouvements des vagues - les navires avec les hommes qu'ils portent,

Y a-t-il plus étrange miracle* ?

 

 

Turner se taisait enfin, observait un silence, puis il ajoutait :

" Avant que nous nous mettions à l'étude de ce texte, de ses mots, de son rythme et du choix de ses épithètes, je voudrais que vous vous demandiez pour qui ont été écrites ces lignes."

A l'époque, j'étais incapable d'apporter une réponse convenable à la question du professeur Turner. J'avais dix-huit ans, et il m'était impossible de comprendre pourquoi cet homme handicapé, laid, solitaire, avait des larmes de joie dans les yeux lorsqu'il récitait ce poème. Il est intéressant de noter que Walt Whitman, né en 1819, a publié ce poème à l'âge de trente-sept ans - ce qui est relativement jeune pour une telle vision, une telle clarté. Je comprends très bien, aujourd'hui, la leçon de poésie du professeur Turner, ainsi que sa question. Elle voulait dire : « Ne te demande pas pour qui ont été écrites ces lignes, elles l'ont été pour toi. » Elles l'ont été pour moi. Elles l'ont été autant pour chacun d'entre vous. 

* On retrouve ce poème (« Miracles ») et d'autres, tout aussi remarquables, dans l'Esquisse d'une anthologie de la poésie américaine du ww siècle, de Pierre Leyris, coll. « Du monde entier », Éditions Gallimard, 1995.

William Turner

 Turner est, au XXe siècle, l'un des artistes anglais les plus renommés dans le monde."

                          

Biographie.

Joseph Mallord William Turner, né à Londres en 1775, son père était un barbier du quartier de Covent Garden. Il fit des études sommaires, ne fut jamais réellement cultivé. D'un caractère très spécial, à la fois sociable et sauvage, et que personne n'a vraiment connu.Turner était un solitaire. Très proche de son père avec lequel il a vécu jusqu?à l?âge de 30 ans, il n?avait pas d?amis.  Personne ne l?a jamais vu peindre et il voyageait seul à travers l?Europe.Déprimé, il lui arrivait de disparaître pendant des mois.  Il refusait systématiquement de vendre ses ?uvres cela  le déprimait....A la fin de sa vie, il se cachait sous un faux nom

Quelques vers assez médiocres, tirés de poèmes, écrits en secret accompagnaient parfois les toiles qu'il exposait. Mais ce n'est point par des mots qu'il pouvait se formuler. En fait toute sa vie Turner fut véritablement possédé et passionné par son génie de peintre.

D'origine modeste, il eut une formation de topographe et se spécialisa d'abord dans les vues pittoresques à l'aquarelle et à l'huile. Élu dès 1802 titulaire de la Royal Academy, il resta toute sa vie un travailleur acharné . Voyageur infatigable en Angleterre et sur le continent, Turner a peint avec un égal bonheur des milliers de paysages différents, toujours signalés par un titre précis.

Extrêmement précoce à l'âge de douze ans, il vendait dessins et aquarelles où il reproduisait de mémoire des gravures qu'il avait vues. Cet exercice développera chez  lui une mémoire précise des formes et un sens des ensembles qui devinrent des traits essentiels de son art.

Durant toute sa carrière, Turner a mené de front la production d'aquarelles et de peintures à l'huile. Les premières sont pourtant restées longtemps méconnues.Car l'artiste les a peu exposées, jugeant  plus profitable d'asseoir sa réputation sur ses toiles. Mais il a laissé des milliers d'aquarelles, souvent inspirées par les paysages traversés lors de ses nombreux voyages. Elles forment un ensemble prodigieusement riche et varié, dont on n'a peut-être pas encore mesuré pleinement la qualité. 

A sa mort en 1851, on peut dire que la grande époque du paysage anglais est terminée. Turner laissa à sa mort ,300 peintures à l?huile et plus de 20 000 dessins, aquarelles. carnets et estampes.

Ses oeuvres

                      

                                                                                                       

 

              

                                                                                                                                  

 

           

                                                                

 

           

   

 

                                                                                                                                                 

 

            

                                                                                                                                            

L' artiste.

Turner, c?est le maître du paysage.  Son talent a été reconnu dès son bas âge et le succès l?a accompagné tout au long de sa vie qu?il a consacrée entièrement à son art.

Les premières ?uvres exposées de Turner furent des aquarelles, et il étonna très vite ses collègues par des réalisations pleines de force avec un rendu des conditions atmosphériques très vivant grâce à cette méthode. Son espoir de gagner une reconnaissance plus importante pour l'art de l'aquarelle ne le quittera pas même s'il diversifia sa pratique artistique et commença à peindre à l'huile. Turner a laissé une grande fortune consacrée au développement des arts.  Il est reconnu pour ses huiles extraordinaires, mais il est surtout considéré comme l?un des pères de l?aquarelle anglaise et de la peinture de paysage.

L'oeuvre de Constable avait trouvé des échos chez Delacroix. L'oeuvre de Turner trouvera sa pleine résonance avec l'impressionnisme. Monet l'étudiera de près , dans ses cathédrales de Rouen, dans ses peintures de la Tamise.

Est-ce en songeant à ses toile que Baudelaire dans son Salon de 1840, appelait l'Angleterre " La patrie des coloristes exaspérés"?

Plus sur TURNER

Mercredi 11 octobre 2006

 

«J'ai toujours aimé m'amuser sérieusement»

 

Vous êtes tous accusés, levez-vous.

L'orateur ne peut vous parler que si vous êtes debout.

Debout comme pour la Marseillaise,
debout comme pour l'hymne russe,
debout comme pour le God save the king,
debout comme devant le drapeau.

Enfin debout devant DADA qui représente la vie et
qui vous accuse de tout aimer par snobisme,
du moment que cela coûte cher.

Vous vous êtes tous rassis ?
Tant mieux, comme cela vous allez m'écouter avec
plus d'attention.

Que faites vous ici, parqués comme des huitres sérieuses
? car vous êtes sérieux n'est-ce pas ?
Sérieux, sérieux, sérieux jusqu'à la mort.
La mort est une chose sérieuse, hein ?

On meurt en héros, ou en idiot ce qui est même chose.
Le seul mot qui ne soit pas éphémère c'est le mot mort.
Vous aimez la mort pour les autres.

A mort, à mort, à mort.
Il n'y a que l'argent qui ne meurt pas, il part seulement en voyage.

C'est le Dieu, celui que l'on respecte, le personnage sérieux
? argent respect des familles. Honneur, honneur à l'argent : l'homme qui a de l'argent est un homme honorable.

L'honneur s'achête et se vend comme le cul. Le cul,
le cul représente la vie comme les pommes frites,
et vous tous qui êtes sérieux, vous sentirez plus mauvais
que la merde de vache.

DADA lui ne sent rien, il n'est rien, rien, rien.
Il est comme vos espoirs : rien.
comme vos paradis : rien
comme vos idoles : rien
comme vos hommes politiques : rien
comme vos héros : rien
comme vos artistes : rien
comme vos religions : rien

Sifflez, criez, cassez-moi la gueule et puis, et puis ?
Je vous dirai encore que vous ê tous des poires.

Dans trois mois nous vous vendrons, mes amis et moi, nos tableaux pour quelques francs.

Francis PICABIA.

 

 

 

Comme ceux de la Providence, certains dessins sont impénétrables.

Plus sur  Picabia cliquez ici

Picabia Francis (1879-1953)

Peintre et écrivain français, qui abandonna en 1905 une carrière de peintre impressionniste à succès pour se lancer dans l'aventure des avant-gardes. Cette première rupture le conduisit en quelques années à l'art abstrait, dont il fut l'un des pionniers (Udnie, 1913, MNAM, centre Georges-Pompidou, Paris). Proche de Marcel Duchamp et du groupe de Puteaux, il cherchait à rendre compte de la quatrième dimension de l'âme, celle des impressions modifiées par la mémoire et les états intérieurs de l'artiste. Réfugié à New York pendant la guerre, il peignit ses premiers tableaux de machines, anti-peintures qui obéissaient à d'autres conventions que celles des Beaux-Arts en faisant appel à celles du dessin industriel. Il entra en contact avec Tristan Tzara en 1919 à Zurich, et tous deux animèrent à Paris, à partir de 1920, les activités du groupe dadaïste. Ses collages et tableaux au Ripolin poursuivirent jusqu'au milieu des années 1920 son exploration d'une anti-peinture radicale (série des Monstres, 1923-1925). Il revint ensuite à une peinture citant les maîtres du passé, en mêlant et superposant les motifs qu'il leur empruntait (série des Transparences, 1925-1937). Après une courte période abstraite, il peignit pendant la guerre des scènes de nus inspirées par la photographie. Après la guerre et jusqu'à sa mort, il développa une forme d'abstraction en haute-pâte, incluant des motifs archaïques peu explicites. Son atelier était alors devenu un lieu de rencontre pour de jeunes peintres comme Soulages, Hartung, Ubac, etc., tandis que ses périodes figuratives continuent d'inspirer les esthétiques post-modernes et que le dadaïste reste un modèle d'esprit de subversion. Picabia fut également un poète qui brisa la logique et le sens commun, et un producteur d'aphorismes d'une grande férocité.

 

 

Dimanche 1 octobre 2006
Je vous invite ce dimanche à faire un petit tour sur un site que j’ai trouvé très agréable à visiter par son originalité.
 Le French Bar. Vous y découvrirez un coin expo aquarelles, un coin pour les photos, un autre pour nos amis poètes et bien d’autres choses encore. Je vous laisse entrevoir par vous-même.  

Pour la Visite : on rentre par ici

 

 

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